Noël, mélange de gloire et de rejet
par philippe
En cette période nous trouvons tant de belles choses. Et en même temps, nous trouvons tellement de détresses et de personnes se sentant ignorées ou rejetées.
Je ne sais toujours pas si je préfère la beauté des maisons si bien décorées et les visages rayonnants des enfants ou les larmes des personnes offrant aux démunis les moyens d’entrer dans la fête. Je pense à la distribution des paniers de Noël que font les églises dans ce pays où je passe ma deuxième année. Je pense à cette famille qui passe la nuit du 24 dans les rues glacées de Montréal à couvrir les pauvres en leur donnant toutes sortes de nourritures et de boissons chaudes. Et pour être tout à fait franc… j’aime ces deux aspects de Noël : la gloire et la solidarité avec les rejetés.
Dès le début de l’Histoire de la naissance de Christ, gloire et rejet se sont côtoyés.
La gloire des mages et des anges tout comme la pauvreté des bergers en représente tout un symbole. Mais au-delà du symbole, les personnages concernés au plus près par la naissance du Messie ont expérimenté la gloire et le rejet.
Une élection qui coûte : Marie, Joseph. Les enfants de Bethlehem.
Marie : Toutes les jeunes filles attendaient avec espérance d’être la femme qui allait enfanter le Messie. Esa 7.14, disait la jeune fille deviendra enceinte et elle enfantera Emmanuel. Mais ce miracle de l’incarnation pouvait il passer par une fille si humble, d’un village si humble ? Cette fille risque la lapidation. Tant d’autres sont mortes pour cela… enceinte avant le mariage ! Quand elle dit « oui, qu’il me soit fait selon ta parole ». Son obéissance à la volonté de Dieu lui coûte une réputation, un rejet de sa famille et du village ; en même temps que les louanges d’Elisabeth sa cousine qui reçoit la révélation de l’origine de cet enfant. Gloire et rejet
Joseph. Ce que les gens ont pensé de lui, apprenant que Marie allait avoir un bébé. Un jeune homme qui n’a pas su respecter sa fiancée ou un homme cocu et naïf, prêt à croire les élucubrations d’une jeune fille. Tout le village le sait et en parle. Lui a l’immense privilège de devenir le père humain, qui adopte Jésus le Fils de Dieu. Si Marie est élue, comme la vierge qui devient enceinte; il en porte aussi la charge. Gloire et rejet.
Bethlehem, ville choisie : Petite ville de 600 habitants dont le prophète avait dit :
Et toi, Bethléhem Ephrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l’origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l’éternité. C’est pourquoi il les livrera Jusqu’au temps où enfantera celle qui doit enfanter. Mic.5.2
Quel honneur pour cette petite cité d’être élue comme le lieu d’accueil de Dieu venant vivre sur terre. Mais le roi Hérode étant tellement paranoïaque, va vouloir supprimer tous les enfants de moins de deux ans. Ce massacre va faire pleurer amèrement toutes les mamans. Gloire et rejet.
Le ciel l’honore, mais pas de place à l’hôtellerie…
Les anges vont l’adorer à sa naissance mais… pour ce bébé qui va naître, il n’y avait pas de place à l’hôtellerie. Si le ciel se déplace et l’honore, les humains l’ont relégué avec les plus pauvres et n’ont pas daigné l’accueillir. Il naît sous un ciel étoilé. Gloire et rejet
Noel est là pour nous rappeler que le royaume dans un monde déchu amène le rejet et la gloire en alternance.
Une foi sans prix n’a pas de valeur !
Joyeux Noël.

décembre 4th, 2008 à 23:36
Merci pour ce beau texte, ces profondes réflexions… Ils arrivent à pic à un moment où j’expérimente les 2 dimensions ici évoquées et m’aident à porter ce qui est à vivre…
Ma réflexion portait ces jours sur la grandeur et l’humilité de Dieu;son humilité pr s’approcher des petits et accueillir tout être blessé, brisé, déformé qui veut s’approcher de Lui…pour le rencontrer en douceur sans l’écraser…pour le relever et le reconstruire ds le respect et l’amour…cette humilité relève et réhausse encore sa grandeur, lui donne une saveur différente de la grandeur des puissants de ce monde…et en même temps cette humilité ne doit pas nous masquer la réalité de sa grandeur et de sa puissance…
Ici c’est encore autre chose, gloire et rejet, profondément vrai et très encourageant, stimulant. Oui, « une foi sans prix n’a pas de valeur »…puis-je ajouter aussi: »une foi d’une telle valeur n’a pas de prix! »? ce que ns trouvons en lui dépassera tjs largement ce qu’il ns en coûte, même si ce prix est si élevé pour certains;et par ailleurs la foi de celui qui accepte le prix, supporte le rejet, est elle-même d’un grand prix, d’une grande valeur, aux yeux de Dieu;nous le voyons dire à propos de Job, persévérant mais pourtant imparfait ds sa connaissance de Dieu « As-tu vu mon serviteur Job…? » On sent sa fierté et sa joie! Le Père apprécie l’amour et la fidélité de son serviteur, sans faire la liste de ses défauts et insuffisances! Il est doux de se savoir ainsi considéré (sans pour autant se prendre pour Job!), ainsi regardé! Et c’est lui qui donne la force et les ressources pour « payer le prix » et rester dans sa vocation(ou y revenir)…
Joyeux Noël! Et bon courage à chacun(e)…
c’est la gloire qui est sur et au bout du chemin!