Drôle d’idée: et si nous étions gentils les uns pour les autres?
par philippe
Pour beaucoup de personnes cette proposition sonne un peu puérile et simpliste. Il faut reconnaître qu’elle est assez « basic ».
Néanmoins, elle est tellement nécessaire dans notre monde et dans le milieu chrétien francophone.
Les premières pastorales auxquelles j’ai participées (oui je sais, il y a longtemps!) m’ont stupéfait.
En arrivant, je pensais trouver un lieu d’accueil avec des leaders avenants et intéressés par les nouveaux venus. Naïveté ? Sûrement. Mais cette attente de ma part aurait été légitime. Au lieu de cela, j’ai trouvé des lieux de débats, des luttes d’influence, des plaisanteries cyniques et parfois même des menaces…
Depuis, j’ai eu le temps de découvrir les magazines consacrés à la critique des autres ministères et les sites internet exposant avec mordant tous les désaccords possibles.
Les dangers de discussions stériles ont toujours existé dans le monde religieux. Pensons aux rabbins du temps de Jésus discutant sur les distances à laisser entre un champ de blé et un champ d’épeautre ou s’il était convenable de manger un œuf pondu le jour du sabbat
C’est encore au cours de préoccupations polémiques des 5ème et 6ème siècles que l’Eglise s’est affaiblie et que la conquête de l’Islam a pu se faire. Tandis que la question du sexe des anges préoccupait une multitude de docteurs et polémistes de confession chrétienne, la population vivait dans un désert spirituel, terrain favorable aux fausses croyances. J’aimerais pouvoir dire que ces temps sont révolus, mais ce n’est pas le cas…
Changeons nos priorités :
Ecrivant ces jours-ci à l’un des responsables d’un site polémique, je lui suggérai : « Nous devrions nous soutenir pour atteindre les incroyants avec l’Evangile au lieu de nous affaiblir par des discussions qui ne concernent que nous-mêmes. Nous sommes moins de 1% et 90% de nos dialogues et activités sont tournées vers nous-mêmes. A moins de changer de priorités, nous laisserons un vide spirituel qui pourrait amener un déclin de l’Evangile encore plus grand »
Les œuvres de la chair : Gal.5.19
Nos relations sont l’émanation de nos états intérieurs.
Comme nous sommes cassés en nous-mêmes, nous cassons ! Parce que nous sommes brisés par le péché, nous brisons. Si tu es amer, tu donnes l’amertume, si tu es craintif, tu sèmes la crainte, si tu es complexé, tu sèmes les complexes. Et plusieurs pourraient attester que j’ai aussi pratiqué cela. Oui, je le dis à ma honte: je plaide coupable. J’ai connu ce problème de paroles acides et de jugements hâtifs. Par la grâce de Dieu, j’ai aussi connu un renouvellement dans mon âme. Et je peux dire aujourd’hui: je suis devenu gentil. Drôle, non?
Mais avec ces œuvres de la chair, nous risquons de nous mordre, de nous handicaper et nous dévorer les uns les autres.
Gal.5.14, 15 Car toute la loi est accomplie dans une seule parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres.
Recevons l’amour de Dieu et partageons l’amour de Dieu. Voyons sa grande miséricorde et soyons miséricordieux.
Une marge de grâce : Si je plaide pour davantage de tolérance, je vais être qualifié de libéral. Alors, je veux nous encourager à laisser de la marge d’erreur à toute personne. Dieu nous laisse une marge d’erreur. Il nous accorde le droit à l’erreur. Comme un Père sachant que chaque erreur est une leçon de la vie pour une transformation à Son image.
Nous francophones (et français) passionnés, pourrions nous apprendre à laisser une marge de grâce ? Pourrions-nous apprendre à devenir gentils, compatissants, gracieux, remplis d’humour sur nous-mêmes ?
Faisons le choix de semer la vie et des paroles qui construisent. Cherchons à relever ce qui est positif chez l’autre et applaudissons sa contribution au royaume de Dieu.
Applaudissons la vision des autres et accomplissons la nôtre. Car chacun rendra compte pour lui-même.

juin 8th, 2008 à 21:00
Nous grandissons tous et nous apprenons chacun des uns et des autres, à la seule condition de vouloir apprendre et grandir. On devrait être applaudi pour chaque erreur et chaque échec dans notre parcours ainsi on s’encourage à se dépasser , franchir avec zèle nos limites, et fragilités. Philippe sois bénis pour ton honnêteté et des leçons que tu tires de ton parcours. Continue d’en faire bénéficier d’autres , tu vas peut être en inciter plus d’un…A bientôt, Sandrine
juin 21st, 2008 à 23:03
Merci pour ce bel article. Cela est tellement vrai! Je faisais partie de cette génération de jeunes chrétiens critiques par ce que j’avais été sans cesse critiqué (T’es trop ou pas assez…) et puis je n’avais malheureusement pas eu d’autre modèle dans l’église.
Mais dans la solitude de mes épreuves, Dieu m’a montré l’horreur de ces schémas et que je devais faire le choix de me mettre à l’écart des critiques et des critiqueurs (maintenant je les reconnais vite). Aussi que je devais faire le choix d’honorer au delà des défauts de chacun… J’en ai aussi et j’apprends tous les jours.
Je suis bien plus heureuse maintenant, je suis en paix avec moi-même et avec les autres. Je fuis les débats inutiles et me concentre sur les vrais priorités que sont une génération qui souffre loin de Dieu.
Merci pour ton ministère avec Isabelle.
Sandrine